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Peintre83

José MANGE

5 Février 2007 , Rédigé par sissou83 Publié dans #peintre provençal

José MANGE (Toulon: 1866-1935). Il étudie à Aix-en-Provence et c'est au musée Granet qu'il découvre les oeuvres de Cézanne, ce sera alors le déclic pour sa vocation de peintre. A Paris, en 1886, il fréquente de nombreux ateliers d'artistes, il est aussi un fervent admirateur de Fréderic MISTRAL.

Influencé par Monet, Renoir et Seurat, il expose au salon des Indépendants. En 1895, revenu à Toulon, il se rend à Saint-Tropez avec Manguin et Signac. Il adopte le style pointilliste, surtout dans ses aquarelles.

Photographe également, il s'installe définitivement à Toulon en 1920.

vase bleu

Village en Provence

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jerome petit 03/12/2012 02:19

le tableaux bouquet de fleure n es n y signé n y certifier de josé mange

CANAL 06/06/2008 21:37

La Tempesto

Aqueli que devien, un jour, pesca lis amo
Doù lau Tibériado éron de marinié ;
An jeta lou palange, et cala li panié ;
Peire, Jaque, matieu se courbon su li ramo.

Emé lou blound Jésus s’en van senso calamo,
Lou béu Jan de la barco éro lou timounié.
Subran lou vent doù Nord lago si brefounié,
La vélo es derrabado e l’aigo boumbo et bramo.

Li pescadou an tremoula dins l’estampèu ;
Per sauva tou batèu cadun se groupo e trimo.
- Ségnour, digué Toumas, que venié de Didymo,

Dourmès ? Vésés doun pa que soumbre lou batèu !…
Jésus levo li man e l’aigo s’apasimo,
E lou vent se fai dous coumo un pichot agnèu.
José MANGE
(Extrait de Passe Partout 11 au 17 / 01 / 1936)

A MISTRAL

Nostre Ligne Mistrau, tu que siès dins la glori
Eme Homero, eme Virgièle, eme Hugo,
Tu qu’as jamai vougu deveni parigo
E sublime pacan, siès resta dins ta bori

Toun noum, Mestre es un noum di plus grand dins l’istori,
Doù païs provencau siès lou fier idalgo,
Dins nostri farandoulo e nostri fandango
Encerclaron toun maubre en aussant ta mémori.

Car es tu qu’as canta dins si vers imoustan
La divino Esterelo e lou brun calendau
Mireio tendre flour de nostre dans terraire

Nerto, lis isclo d’or e lou Rose fringaire,
Ispbic tis enfant, Paire, d’eilamouvant
Ca sies noste pastour e sies noste Emperaire
Jousé MANGE (1919)

A moun vièi oulivié de Paris de la carriero de Rivòli

I’ a de tem, quand ére jouine,
Coume tu dedins Paris,
T’ aviéu adouba un inne,
O pichot óulivié gris !

Luen dóu prouvençau terraire
Tóuti dous erian perdu,
E pèr un pau se refaire,
Anave ploura ‘mé tu.

Asseta contro la caisso
Ounte t’avien ensaca,
Parlavian de boui-abaisso,
De pebroun, de vin muscat.

La carriero de Rivòli
Rounflavo comme la mar.
Me rementavo l’aiòli,
La brandado e lou vin clar.

Dins lou brut e la bramado
Di carreto e di chivau,
Te charrave de l’amado
Qu’aviéu leissado eilavau.

Ai fugi la capitalo,
La brumour e lou maucor.
De ma terro prouvençalo
Ai revist li ribo d’or.

Mai tu, coume soun ti branco,
Souto un sèu sènso clarta ?
Ai retrouba mi calanco
E ti grand fraie argenta.

Une chato autant poulido
Qu’aquelo qu’aviéu agu
Me rescaufo enca la vido.
Mai tu, que sies devengu ?
José MANGE (Toulon 1919 )

A l’óulivié de la Carriero de Rivòli
Dins la carriero de Rivòli
Ai vist blanqueja l’autre jour,
A la porto d’un marchand d’òli,
Un óulivié de moun Miejour.

Recebié la plueio, pécaire !
Pichounet passi, meigrinèu.
Tant luen, tant luen de soun terraire ;
Mai pamens coumo éro bèn éu,

Emé si fueiro claro e blavo,
Dóu soulèu plourant li caud rai,
Emé sa rusco que semblavo,
Touto estransinado d’esfrai.

Plouro toujour, plouro enca mai,
Car dins la terro parisenco
Veira jamai qu’en un pantai
La verdalo frucho óulivenco.

Oulivié, sian parié toui dous :
Coumo tu dins la capitalo
Plóuri soulet li poutoun dous
De moun amigo prouvençalo.

Siéu nascu…

Siéu nascu dins Touloun un matin clarinèu
Souto lei grand paumié coumo en terro d’africo,
E ma maire m’a di qu’èro emé la musico
Dóu mistrau brounzinant dintre lei pinatèu.

E vint an siéu esta dins lou païs tant bèu,
Creissènt coume la flour ardènto dóu troupique
E siéu esta vint an dins un pantai magique,
Noun vesènt que la mar, noun vesènt que lou cèu.

E vejagui perqué moun amo prouvençalo
Souvèntei fes dins lou cèu blu largo seis alo
Vers ço qu’es grand, vers ço qu’es bèu, vers ço qu’es clar ;

E vejaqui perqui sènti dintre moun couar
Esclanti d’àutei fes lou brut de la rafalo
E lou gingoulamen deis erso de la mar.


Poème Inédit

Matrassaire a voulur lou Tarbaro Alaman
Eme Tento bocus a la rousso criniero
As avouba soum camp : plano de Pouriero

Per nous defendre avieu un generau rouman
Coumi li provencau en es de raco fiero
Aquelis eurabia fau li metre en fouriero
Digué, dourmès annuie, li trobaren deman

E vieu coume un rasin trun que boi dinstilatino
Lou grand Anjou se levo a l’aubo purpurino
E coume l’aviè dit : l’a agur ligus
Et les a fa dansa coume di chivau grus

Desprei es per aci qu’en Prouvenco latino
I a tant de pichance que li dieu : Marius
An ton noum : Marius
José MANGE 1919

CANAL 06/06/2008 21:35

José MANGE (1866-1935)

Exposition Rétrospective
Les Amis de l’Art Vivant
Présentation du 06 Janvier 1961.
Par Philippe CHABANEIX

Né à Toulon, le 10 Octobre 1866, José MANGE a fait ses études au Grand Séminaire d’Aix-en-Provence où il fréquenta, pendant ses heures de loisir, le Musée Granet et où il eut la chance inestimable de connaître Cézanne, ce qui l’orienta vers la peinture dès les jours heureux de son adolescence. Puis, délaissant très jeune, la Ville des Fontaines pour la capitale, il devint élève de Jean-Paul Laurens et de Cormon, tout en réservant le meilleur de son admiration à Monet, Renoir et Seurat et tout en copiant au Louvre avec un vif souci de fidélité des tableaux de maîtres comme, par exemple, le merveilleux portrait de l’Infante Marie-Thérèse par Velázquez.
Poète autant que peintre, José MANGE a été l’ami de Charles Maurras, de Xavier de Magallon, de Fernand Mazade, de Joachim Gasquet, de Lionel des Rieux, d’Emmanuel Signoret et de Jean Moréas, le profond lyrique d’Eriphyle et des Stances, auquel il se plut à dédier d’harmonieux alexandrins recueillis par Léon Vérane dans un choix de poèmes publié en 1935 aux Editions des « Facettes ». Ce choix de poèmes contient des pièces remarquables, écrites tantôt en langue provençale et tantôt en langue française, parmi lesquelles ce joli sonnet, subtilement rythmé pour sa femme, la blonde Marguerite, me semble briller d’un éclat singulier et digne des plus rares éloges :

Que d’autres chantent Pomone,
Les Satyres, les troupeaux
Moi, je vais sur mes pipeaux
Dire la belle et la bonne
Qui me fait la douce aumône
De ses yeux, vivants flambeaux,
De ses cheveux dorés, beaux
Comme un feuillage d’automne,
De sa bouche de grenat,
Se son corps souple qui n’a
Que tes fleurs, tendre jeunesse,
Et qui, pour charmer mon mal,
De son rire de faunesse
Fait retentir le cristal.

Abandonnons le poète, habitué des réunions de « la Plume » au « Procope » comme celles de « l’Escolo Parisenco » au café Voltaire, et revenons à l’artiste qui partagea les années de sa jeunesse et de sa maturité entre sa Provence et le Quartier Latin. Il se maria en 1916 à Toulon et, retourné peu de temps après à Paris, il peignit alors diverses toiles où dominent les accords blancs et roses et qui sont au nombre de ses réussites les plus intenses comme
Notre-Dame, le Sacré-Cœur de Montmartre, les Bords de la Seine et l’Eglise de Blanc-Mesnil.
Pourtant, José MANGE avait la nostalgie de la lumière du Midi et en 1920, il est rentré définitivement dans sa ville natale. C’est là qu’il exécuta sur le motif et dans ses deux ateliers la plus importante et la plus décisive partie d’une œuvre qui lui vaut une place éminente parmi les artistes provençaux entre son maître à la fois éblouissant et mystérieux : le Marseillais Adolphe Monticelli et le Solitaire de Graveson, l’émouvant Auguste Chabaud. Il faut surtout retenir, dans son abondante production, de magiques et vibrants paysages inspirés par sa terre varoise aux « restanques » parées d’oliviers argentés, et de somptueuses natures mortes où sont vigoureusement peints et recréés pour notre joie des oursins, des rougets, des étoiles de mer, d’attirantes gerbes de fleurs, des aubergines, des citrons et des piments, à côté de sombres pichets et de beaux vases de cuivre aux courbes harmonieuses.
José MANGE nous a fait aussi apprécier la robustesse de ses dons dans certains auto-portraits où, tout en demeurant foncièrement vrai, il a su donner une grande part à l’imagination et a fixé pour l’avenir avec un étonnant brio sa physionomie de vieux royaliste et de bohème irréductible au large chapeau de feutre, à la barbiche mistralienne et au bleu regard plein de tendre séduction. Quant à ses aquarelles, traitées parfois dans la manière néo-impressionniste et le plus souvent dans un style hérité des estampes japonaises, elles supportent, comme l’a fort bien noté Léon Vérane, la comparaison avec celles de H.E. Cross et de Paul Signac ; et il y montre, peut-être mieux que partout ailleurs, grâce à la féerie de la couleur jointe à la vivacité du trait, sa libre fantaisie, son aisance entre toute délicieuse et son attachant pouvoir de transfiguration.
Durant les dernières années de sa vie, José MANGE a été soutenu par un petit groupe de fidèles. Des artistes tels que Soutine, Othon Friesz, Mintchine et Mathieu Verdilhan lui rendaient de temps en temps visite ; et l’admiration de ses cadets : Segal, Echevin et Baboulène le réconforta maintes fois en des moments cruels. Il s’est éteint le 7 Janvier 1935, entouré de sa chère compagne, de son médecin le docteur Risterucci et de plusieurs amis dont le dévouement lui fut particulièrement précieux.
Moins de deux mois après son décès, Léon Vérane célébra sa mémoire dans une causerie tout ensemble brillante et substantielle, et Bruno Bassano, l’un des plus opiniâtres de ses défenseurs, organisa entre 1935 et 1952, quatre expositions de ses meilleurs tableaux à Toulon, Aix-en-Provence et Paris. Et je veux maintenant espérer que cette nouvelle rétrospective de José MANGE, plus ample que les précédentes et réalisée pour le vingt-cinquième anniversaire de sa mort par les soins des « AMIS DE L’ART VIVANT », contribuera à mettre enfin à son véritable rang un grand peintre qui, malgré tous ses mérites, n’est encore pleinement aimé que par un nombre trop restreint d’amateurs judicieux et fervents.

Philippe CHABANEIX

CANAL 06/06/2008 21:34

José MANGE Peintre Toulonnais Poète Félibre (1866-1935)

Les Amis du Vieux Toulon et de sa Région
Conférence du 17 avril 1985 à la salle Mozart Boulevard Leclerc à Toulon.
Par Madame Hélène FONTAN


Le Peintre José MANGE, dont la tenace carrière artistique n’eût d’égale que le constant mouvement de la pensée traduite en expression poétique, fut parmi les mainteneurs les plus convaincus de la cause félibréenne et donc, l’ardent apôtre de la langue provençale.
En premier il m’a fallu cheminer avec ce pur accent provençal pour essayer d’en faire une étude assez proche d’une vérité qu’il eût admise, en tous temps et en toutes circonstances.
Et, profondément attendrie dans l’esprit et dans le cœur, j’en ai conclu que sa sensibilité – son ingénuité d’homme qui se voulut toute sa vie « homme libre » - rejoignait en lui les sommets les plus élevés de l’intelligence.

José MANGE naquit à Toulon, le 10 octobre 1866, au 1er étage d’une maison sise au 74 du Boulevard de Strasbourg (ancien boulevard Bonaparte). Fils d’un avocat inscrit au Barreau de Toulon – dont l’épouse était, comme lui-m^me, provençale – l’enfant fut destiné par ses parents à la Magistrature et, coïncidence… il avait vu le jour sous le signe de la balance, symbole de la Justice. Les anciens astrologues disaient que, sous ce Signe, on arrivait rarement à des situations élevées, même avec de grandes aptitudes, ce propos nous en convaincra…

Dès son enfance, José reçut une éducation des plus soignées et ses études eurent pour cadre le Collège Catholique d’Aix, alors dirigé par Monseigneur Guillebert.
Là, il fut un élève brillant mais ses loisirs d’étudiant le dirigeaient toujours vers un autre lieu de connaissances : le Musée de la Ville où il ne se lassait pas d’admirer les œuvres de CONSTANTIN et de GRANET, celles aussi de tant de maîtres provençaux dont ce reliquaire protège les riches collections que l’on sait. En cet endroit, José MANGE vivait l’émotion de leur vie créatrice, fasciné par les secrets de leu art, par les effets de la lumière sur les toiles de ceux qui, comme GRANET, auraient pu dire « Sans soleil, pas de bonne peinture, sans soleil, c’est la mort ».
Or un jour, en Aix, le jeune étudiant rencontra CEZANNE, sans doute à l’époque où celui-ci effectuait des randonnées en Provence avec MONTICELLI, vers 1883-1885 (MONTICELLI qui fut l’idole de José MANGE…).
José MANGE, dont les 18 ans commençaient à prendre des ailes, confia donc à CEZANNE son désir de devenir artiste et, pour ce faire, d’aller étudier à Paris, dès ses études terminées.
CEZANNE, dont le père était banquier, donc préservé des soucis pécuniers, mit-il en garde le jeune collégien des embûches qui attendent beaucoup d’appelés et d’où émergent peu d’élus. Lui-même avait eu beaucoup de difficultés dans ses débuts : d’abord recalé au concours d’entée aux Beaux-Arts, puis accepté seulement au Salon, en 1882.

N’empêche que José MANGE était prêt à tout… En 1890, quoiqu’il en coûtât de désillusions à ses parents, ceux-ci l’autorisèrent à réaliser son rêve. Il irait étudier la peinture à Paris :
Là, il allait avoir des professeurs de tout premier ordre qui parvinrent, au cours de leur carrière, à de rares honneurs…
A l’atelier de Jean-Paul LAURENS(ne pas confonde ni avec Paul-Albert, ni avec Pierre, non plus qu’avec Jean-Pierre), il recevrait l’enseignement de celui qui atteindrait les sommets de son art, au Salon de 1912, pour la sublime représentation de « La première Séance Solennelle des Jeux Floraux de Clémence Isaure, à Toulouse le 3 mai 1824 ». Cette œuvre était destinée au Théâtre du Capitole, bien entendu.
C’est au même Salon qu’AMAN Jean reçut la commande d’un splendide panneau décoratif destiné à la Sorbonne, et, que CORMON fut très remarqué par le portrait qu’il présentait de Paul Déroulède. Les portraits historiques de cet artiste s’échelonnent depuis la Haute Antiquité jusqu’à l’époque que fut la sienne.
A l’enseignement duquel de ces professeurs devons-nous le portrait de l’Infante Marie-Thérèse – qui est au Louvre – (copié par José MANGE sur celui attribué à VELASQUEZ) qui fut cédé par Madame José MANGE, au Musée de Toulon, après la mort de son mari ?
En vérité, d’après « La peinture au Musée du Louvre – 1929 – « ce portrait est un ouvrage caractéristique de CARRENO, dont les portraits sont dans la tradition de VELASQUEZ.
(D’autre part, au musée du Vieux Toulon, Madame MANGE avait offert le portrait de Dugommier, copié d’après GOYA).
Or, Jean-Paul LAURENS avait compris, après le temps de l’initiation dans son Atelier, que son élève provençal ne pensait qu’à balayer son enseignement classique pour foncer, comme bien des jeunes, vers les courants du moment où la peinture se cherchait.
José MANGE était déjà servi par une extrême facilité, et c’est d’un fort mauvais œil que son professeur vit ses dessins symboliques des Roses-Croix (un excès parmi les autres !).
Dès son entrée chez Jean-Paul LAURENS, José MANGE s’était lié d’une amitié qui dur jusqu’à sa mort avec un élève de l’Atelier.
De vieille souche provençale, il avait quatre ans de plus que son camarade. Son nom était Louis DENIS, qui, dans le monde des Arts et de la Littérature provençale, est plus connu sous celui de Denis VALVERANE.
Le jeune homme, né à Manosque, dont le père était ingénieur du P.L.M., ne s’étonnait pas de l’accent méridional très prononcé de José MANGE mais, leur professeur languedocien – né près de Toulouse – le reprochait dans cesse à notre toulonnais qui décida de ne plus assister aux cours de Jean-Paul LAURENS qu’aux heures où il savait « que le patron n’y serait pas… »… Le patron qui apprît, avec stupéfaction, qu’aux Artistes Indépendants où s’était inscrit José MANGE, son élève avait vendu dès son premier Salon, une toile au roi MOLOCH de Serbie !
Dans sa correspondance avec Pierre FONTAN, Denis VALVERANE raconte sa rencontre avec José MANGE qui répondit à sa question : « Je suis toulonnais, mon beau, et j’ai fait mes études à Aix avec MAURRAS et René de St. Pons ». Il était très fier d’être provençal…
Jetons encore un coup d’œil sur cette correspondance… Il apparaît que José MANGE en faisait voir de toutes les couleurs à son professeur qu’il avait pris en grippe, et un jour où chaque élève présentait « sa tendance », coutume hebdomadaire, Jean-Paul LAURENS, excédé, lui demande s’il était de bonne foi ou s’il galégeait…
Sur les chemins de la vie, nous retrouverons souvent, inséparables, José MANGE et Denis VALVERANE qui menèrent durant les dix années que MANGE vécut à Paris le même élan pour le Félibrige et plus encore la vie artistique et littéraire de la capitale. Ils eurent les mêmes amis, partageant avec eux leurs propres aspirations.
Si José MANGE devînt un peintre de grand talent, Denis VALVERNE fut un sculpteur dont s’honore Manosque. Ils ont dans leur ville natale, l’un comme l’autre, une rue qui porte leur nom.
Denis VALVERANE était encore au Collège, à Paris, quand il illustra « Nerto » dont la lecture l’avait enchanté. Ses compostions terminées dans l’Atelier de Jean-Paul LAURENS et envoyées à MISTAL plurent tant à celui-ci, qu’elles furent accrochées, plus tard, dans la Salle Mistralienne du Muséon ARLANTEN. MISTRAL lui-même, y écrivit les vers qu’elles illustraient.
C’est aux Fêtes de Sceaux en 1887 que MISTRAL était apparu, pour la première fois, à Denis VALVERANE qui en resta marqué toute sa vie et en 1880, quand il apprit que José MANGE avait eu pour condisciples Charles MAURRAS et René de St. Pons, il ne manqua pas d’entraîner son ami au Procope, le Siège des Félibres de Paris…
Parmi eux, José MANGE allait vivre heureux comme un poisson dans l’eau, ce qui fit écrire par Léon VERANE qu’à cette époque, il habitait l’Hôtel de Lauzun et que, jeune et galant, il avait « l’épée dorée » - terme, précise-t-il, emprunté à MONTICELLI, s’exprimant ainsi quand il était fortuné.
Je sais gré à Léon VERANE de m’avoir confortée dans ma conviction qu’à Paris, José MANGE ne fut pas le bohême impécunieux dont quelques toulonnais parlent en connaissance de cause… au temps où le guettait la misère…
Mais, il faut dire, qu’en cet hôtel de Lauzun (où habita BEAUDELAIRE), les deux amis MANGE et VALVERANE n’occupaient qu’un atelier sous les toits dont ils partageaient la location.
C’est rue Monge qu’habitait MANGE (probablement dans l’appartement parisien de sa famille) comme en témoigne une lettre de Lionel des RIEUX, qui avait fait ses études, comme José MANGE au collège Catholique d’Aix.
Par cette lettre, des RIEUX lui donnait rendez-vous chez Charles MAURRAS, là où se rencontraient souvent ; non seulement les gloires félibréennes futures, mais aussi les fervents royalistes, comme MANGE qui n’y faisait certainement pas figure d’inférieur ni de traîne-misère.
D’ailleurs, à peine introduit dans les milieux cultivés de la capitale, il y fut considéré comme un lettré d ‘excellente souche, sachant discuter de pied ferme des idées nouvelles où s’affrontaient écrivains et artistes.
Dans un « Je sais tout » du 31 janvier 1920, j’ai lu, sous la plume de Léon VERANE, le même portrait qu’en faisait VALVERANE 20 ans auparavant : « ceux qui le connurent à Paris doivent garder le souvenir d’un grand mousquetaire blond, chapeau crânement posé sur l’oreille, la silhouette de d’Artagnan, revenu quelques siècles en arrière ».
C’est là une comparaison qui rejoint la représentation que certains ont faite de MISTRAL, tout à tour Richelieu ou le héros d’Alexandre DUMAS… Et pourquoi pas Buffalo Bill.
« Le chapeau de MISTRAL, mais c’est une impression de simplicité, de grâce, de noblesse et de fierté conquérante qui s’en dégage » écrivait Jules VERAN dans l’Almanach du Midi en 1898…
Et José MANGE, comme MISTRAL, portait fort bien ce chapeau – celui des paysans de Provence qui ont à se préserver des rayons d’un soleil trop ardent- .
Pourtant, ce chapeau légendaire provient tout simplement d’une mode de 1848 qu’adopta la jeunesse de Provence et dont MISTRAL resta coiffé toute sa vie, qu’il passa au milieu des hommes de la terre.
José MANGE, dans la capitale, exposa-t-il beaucoup ? Vendit-il un peu ? On n’est sûr de rien. Il était resté fidèle aux Indépendants qui lui avaient ouvert leurs portes, nous l’avons dit, les premiers.
Combien de ses œuvres de jeunesse ont disparues… Parmi celles-ci, un ravissant portrait, celui de « Fortunette » qui resta longtemps accroché sur une cimaise du Café Voltaire, lieu de rencontre des jeunes félibres. Par qui fut-il recueilli, après le retour de José MANGE à Toulon ? Et le sien même, resté inachevé ?
Le poète Gustave KAHN parlait des dons de MANGE, aussi bien en poésie qu’en peinture, avec une profonde admiration pour ce jeune provençal, étonnamment doué. Et lorsque l’on sait que KHAN est l’inventeur du vers libre mais aussi l’auteur des Biographies de BOUCHER, de FRAGONARD et de RODIN, entre autres, c’était là pouvoir présager d’un bel avenir pour le jeune artiste. Mais … déjà, José MANGE écrivait pour écrire et peignait pour peindre par impulsion, sur une impression violemment ressentie et puis, laissant la toile ou le poème inachevé, suivait un nouveau caprice, en homme qui se veut libre.
Un homme libre, qui, pourtant, au cours de sa vie parisienne eût bien souvent besoin du secours moral de ses amis… Quand lui manquait sa lointaine Provence… Alors il allait retrouver les félibres, Denis VALVERANE bien entendu, et le sculpteur Frédéric VIAU (l’auteur du buste du musicologue CASTILBLAZE, à Cavaillon).
Tant qu’il vécut à Paris, soit par le pinceau, soit par la plume, soit par son activité félibréenne (que nous ne ferons qu’effleurer, ayant été l’objet d’un travail à part), José MANGE, dans toutes les manifestations de sa pensée, se laissera entraîner vers un horizon où il sur toujours qu’il reviendrait vivre… Toulon… et de ce « rapin » fantasque surgissait l’homme intérieur… celui qui »simple et sage comme un pâtre grec(Léon VERANE) écrivait :

« A l’óulivié de la carriero de Rivòli »

Dins la carriero de Rivòli
Ai vist blanqueja l’autre jour,
A la porto d’un marchand d’òli,
Un óulivié de moun Miejour.

Recebié la plueio, pécaire !
Pichounet passi, meigrinèu.
Tant lmuen, tant luen de soun terraire ;
Mai pamens coumo èro bèn éu,

Emé si fueio claro e blavo,
Dóu soulèu plourant li caud rai,
Emé sa rusco que semblavo,
Touto estransinado d’esfrai.


Plouro toujour, plouro enca mai,
Car dins la terro parisenco
Veira jamai qu’en un pantai
La verdalo frucho óulivenco.

Oulivié,sian parié toui dous :
Coumo tu dins la capitalo
Plóuri soulet li poutoun dous
De moun amigo prouvençalo.

Et vingt ans après son retour dans sa ville natale :

I’ a de tems, quand ère jouine,
Coume tu dedins Paris,
T’ aviéu adouba un inne,
O pichot óulivié gris !

Luen dóu prouvençau terraire
Tóuti dous erian perdu,
E pèr un pau se refaire,
Anave ploura ‘mé tu.

Asseta contro la caisso
Ounte t’avien ensaca,
Parlavian de boui-abaisso,
De pebroun, de rin muscat.

La carriero de Rivòli
Rounflavo comme la mar.
Me rementavo l’aiòli,
La brandado e lou vin clar.

Dins lou brut e la bramado
Di carreto e di chivau,
Te charrave de l’amado
Qu’aviéu leissado eilavau.

Ai fugi la capitalo,
La brumour e lou maucor.
De ma terro prouvençalo
Ai revist li ribo d’or.

Mai tu, coume soun ti branco,
Souto un sèu sènso clarta ?
Ai retrouba mi calanco
E ti grand fraire argenta.

Une chato autant poulido
Qu’aquelo qu’aviéu agu
Me rescaufo enca la vido.
Mai tu, que sies devengu ?
(1919)


Oui, le souvenir est un poète … Qui le fut plus et mieux que José MANGE avec une simplicité d’expression pour exprimer les plus secrètes de ses confidences, parfois résignées, comme ce poème qu’il avait dédié à Denis VALVERANE vers 1892 …

Siéu nascu…

Siéu nascu dins Touloun un matin clarinèu
Souto lei grand paumié coumo en terro d’Africo,
E ma maire m’a di qu’èro emé la musico
Dóu mistrau brounzinant dintre lei pinatèu.

E vint an siéu esta dins lou païs tant bèu,
Creissènt coume la flour ardènto dóu troupique
E siéu esta vint an dins un pantai magique,
Noun vesènt que la mar, noun vesènt que lou cèu.

E vejagui perqué moun amo prouvençalo
Souvèntei fes dins lou cèu blu largo seis alo
Vers ço qu’es grand, vers ço qu’es bèu, vers ço qu’es clar ;

E vejaqui perqui sènti dintre moun couar
Esclanti d’àutei fes lou brut de la rafalo
E lou gingoulamen deis erso de la mar.

Et il faut dire que tant qu’il vivra dans la capitale, c’est en Lengo Nostro que paraîtront les poèmes de José MANGE dans les éditions félibréennes.
Mais comme le poète était aussi insouciant que le peintre, combien resta-t-il de tout cela, ignoré à tout jamais, perdu irrémédiablement.
A Paris, jusqu’à son retour à Toulon, José MANGE resta fidèle au Félibrige et à MAURRAS qui, s’étant libéré des aînés, avait fondé l’Escole Parisienne du Félibrige ; Ce qui m’amène à dire que dette nouvelle école était en parfait accord avec l’Ecole Romane qu’avait fondée Jean MOREAS où se réunissaient tous les admirateurs de la tradition gréco-latine. MOREAS tenait en grande estime José MANGE. De son côté, celui-ci était un vrai fanatique de son maître à penser…
De même, à cette époque, dès les premières années de sa vie à Paris, José MANGE fréquentait assidûment la bibliothèque de l’Arsenal. Il se délectait des poèmes de l’illustre provençal RAYNOUARD dont l’activité littéraire porte tout particulièrement sur la langue romane, les Templiers et les Troubadours. Mange savait par cœur des poèmes de ces temps lointains qu’il disait avec passion.
Dans un recueil de poèmes publié par « Les Facettes » dont le grand mérite revient à Léon VERANE figure l’hommage de José MANGE à MOREAS :

A Jean Moréas

Moréas, doux chanteur qu’Athènes nous envoie
Tu nous as rapporté la lyre d’Apollon
Et, brise musicale ou bruyant aquilon
Tes chants ont mesuré la douleur et la joie.

Moi, satyre sans flûte et berger sans pipeaux.
Ta chanson me ravit et ta plainte me touche
Et par tous les chemins je redis aux échos
Les sons harmonieux qui volent de ta bouche.

On peut se poser une question … José MANGE revint-il parfois à Toulon pendant son séjour à Paris pour des raisons autres que des visites familiales ?
Il est certain qu’il participa à la Sainte Estelle de Martigues en 1891, accompagné de Denis VALVERANE.
Nous avons dit la grande admiration qu’éprouvait Jos é MANGE pour Charles MAURAS, que, par la suite, il fut l’un des premiers Camelots du Roi qui passa une nuit au poste de Police à Paris.
Or, sur la demande de MAURRAS, les deux amis avaient peint sur une immense banderole de tissu le portrait du célèbre martégau Gérard TANQUE – Grand Maître des Templiers – à la mémoire de qui on avait inauguré une plaque. Et pendant toutes les fêtes, la banderole flotta aux fenêtres de la Mairie.
Le 15 août 1891, Mange était à Toulon où l’on inaugurait le buste de Pierre Puget.
Puis, on le retrouve à Tamaris pour une autre inauguration : le médaillon de Georges SAND, apposé sur la villa qu’elle avait habitée (ce médaillon se trouve actuellement au Fort Balaguier).
En 1893, José MANGE est à nouveau à Toulon, accompagné toujours de Denis VALVERANE (qui voyageait gratuitement… son père étant, nous l’avons dit, Ingénieur au P.L.M.).
Il s’agit cette fois de la visite faite par l’Escadre Russe de l’Amiral AVELLAN.
Les deux félibres allèrent, en barque, accrocher un rameau d’olivier à l’ancre du « Pamyat Azow »qui accompagnait le navire amiral.
MISTRAL avait été invité officiellement aux cérémonies, mais il ne vînt pas, envoyant pour le représenter sa nièce qu’il chargea de remettre à l’Amiral AVELLAN un exemplaire de « Mireille », illustré par le célèbre graveur BURNAND.
A cette occasion, José MANGE ne manqua pas d’écrire une petite pièce, en vers provençaux, quoi perd toute sa saveur, traduite en français :
« Pour recevoir les frères russes
Dans le ciel et le bleu sans fin
Le pavillons faisaient de bruit
Et les canons autant de nuages.

Nous autres, félibres des Rochers
Sur le grand bateau destructeur
Avons pendu l’arbre de Paix ? »

Ce n’est qu’en 1896 que je retrouve José MANGE en voyage en Provence. La félibre se rendait auprès du Frère SAVINIEN L’HERMITE dont tous les ouvrages sont consacrés à l’enseignement de la langue provençale. L’un d’eux, une grammaire éditée en 1822 est une méthode pour l’enseignement du Français par le provençal, ce qui ne doit pas nous étonner quand on réfléchit qu’en ce temps-là, les jeunes enfants en âge d’aller à l’Ecole parlaient tous « le patois » et beaucoup d’entre eux n’avaient entendu, chez leurs parents, que l’idiome d’usage local.

199… José MANGE est de retour à Toulon, définitivement. Il retrouve Bd de Strasbourg, l’appartement familial, son père, sa mère…
Il va découvrir l’atmosphère si longtemps abandonnée. Le soleil luit, la mer s’y reflète, tout est lumière. MANGE est heureux… Mais, dix ans de vie parisienne, ses camarades dispersés sont toute une tranche de vie qu’il n’oubliera jamais comme en témoigne sa correspondance avec Denis VALVERANE, fixé dans la capitale. Il s’informera et partagera de loin leur existence…
Il apprendra que Louis LE CARDONNEL est prêtre, qu’un autre se prépare à entrer dans les ordres…
En 1915, il souffrira, comme de la mort d’un frère, en apprenant que son ancien condisciple d’Aix, Lionel des RIEUX, l’ami de toujours, est mort héroïquement en conduisant ses hommes à l’assaut d’une tranchée. Il composera à sa gloire l’un de ses plus beaux poèmes :

« à Lionel des RIEUX »

Ô toi qui modulais les strophes et les rimes
Avec un art divin
Qui m’emportait tantôt dans le soleil des cimes
Ou l’ombre du ravin.

Ta voix ne chante plus, ô poète mon frère
La musique des vers
Et ton corps magnifique est rongé sous la terre
Par d’innombrables vers.

Toi qui touchais encore pour les muses neuveines
La lyre d’Apollon
Français tu t’élançais par les monts et les plaines
Au souffle du clairon.

Et tandis que ta plume avait fait une entaille
A l’immortel laurier
Ton épée a coupé sur le champ de bataille
La palme du guerrier.

Plus tard, beaucoup plus tard, la correspondance suit son cours avec VALVERANE, José MANGE interroge : en 1933, qu’est devenu CHARBONNEL ?
« Il est plusieurs fois millionnaire » répond VALVERANE qui donne ses titres et activités.. mais aussi son apparence nouvelle, « il n’a plus ni cheveux, ni barbe, ni moustache. A part cela, toujours jeune d’allure et sa figure a beaucoup plus de caractère qu’autrefois depuis que les poils l’ont quitté ».
Imaginez José MANGE à l’arrivée, assez fréquente de tels souvenirs lointains, d’une époque qu’il n’oubliera jamais.
Et c’est aussi à l’Ecole de La Targo – Quai du Parti – que MANGE allait, en mal d’amitié félibréenne, égrener ses rencontres de jeunesse … On accueillit avec plaisir le vieil original qui déclamait, en langue nostre, quelques poèmes et disait : « A Paris, quand j’y étais, j’aurais voulu entendre tout le monde parler le provençal… ».
Bien entendu, à Toulon, José MANGE s’était mis au travail… Il fit corps avec ses pinceaux…
Mais le matin était réservé à la promenade qui consistait à « faire le cours » comme on dit ici.
La pipe aux lèvres, l’œil aux aguets, de retour à l’atelier, il mettait sur le papier le résultat de ses observations qui rejoindrait tant et tant de papiers épars, dont le moindre présentait toujours quelque intérêt…
Dès son retour dans sa ville natale, les œuvres de José MANGE furent rapidement remarquées, certaines « estomaquèrent » les uns, enchantèrent les autres… mais sans ouvrir une voie à un intérêt révélateur d’une place de choix que pourrait prendre l’artiste parmi les peintres provençaux du moment. José MANGE s’en souciait peu. Totalement démuni de sens pratique, tirer parti de ses œuvres n’entrait pas dans ses considérations artistiques… N’écrivait-il pas à VALVERANE : « Je sais qu’il y a inégalité dans mes œuvres mais je ne suis pas une machine à fabriquer de la mortadelle ou des chefs d’œuvre. Je fais parfois les premiers et bien souvent d’autres. Ce qui est certain c’est que je tâche de m’améliorer et que je m’améliore ! ».
Quant au parti à tirer de sa production, il n’en était pas question !
Mais VALVERANE avait si longtemps vécu dans le sillage de MANGE qu’il connaissait les ressources de son art qu’il pratiquait quoiqu’il en dise, avec une foi révélatrice de sa véritable personnalité. VALVERANE savait son dessin sans reproche, quand il ne le déformait pas par plaisir, car il avait admirablement retenu les enseignements de ses maîtres.
A Toulon, parvînt une lettre de VALVERANE :
« Il est important que tu fasses un envoi au Salon d’Hiver. J’en suis le secrétaire et je m’engage à faire exposer en très bonne place tes paysages de soleil. Ne crains pas de faire figurer les plus hardis, ce que tu auras de plus personnel selon ton tempérament ».
Quel fut le résultat de l’envoi de MANGE au Salon d’Hiver ?
Et, à Toulon, insouciant, original, philosophe, MANGE ne parvenait toujours pas à s’imposer malgré ses idées parfois géniales et la haute valeur picturale de bien des natures mortes et des paysages lumineux et colorés où il s’exprimait sans contrainte comme le savait VALVERANE.
Et vînt le jour où Madame MANGE, veuve depuis 1907, prît une grande décision…
Elle achetait le studio GARBY, fort réputé à Toulon, pour en faire de son fils … un photographe !
Si Madame MANGE manquait, ce faisant, de psychologie, elle dut faire preuve de beaucoup de patience et de bonne volonté durant les quelques années qui précédèrent sa mort…
Tous les états d’âme de ce pauvre José s’exprimaient alors sur le luxueux papier commercial du Studio GARBY, tous les brouillons des poèmes du recueil édité après la mort de José MANGE par « Les Facettes » (de Léon VERANE), couvrent de leur écriture énergique des feuillets maintenant jaunis.
Seul est encore présentable un ravissant portrait échappé du naufrage, dont le verso est un hymne d’amour à celle qui, le 31 août 1916, allait unir par le mariage sa jeunesse – 20 ans – à la cinquantaine passée de José MANGE.
En effet, en 1916, il épousait Marguerite SANTINACCI. Pour son mari, elle fut Guitte.
On a dit que José MANGE avait épousé la bonne de sa mère décédée l’année précédente. C’est absolument faux. Guitte était la fille d’un chef de la Brigade des Postes, qui fut peut-être entraînée, naïvement admirative ; mais ce fut malgré tout le bonheur, au sein de ce couple profondément uni.
Quelles étaient les ressources du ménage ?
De sa famille bourgeoise assez fortunée, il fallût partager la succession avec quatre frères et sœur, une succession dont la part de José était bien entamée et qui se limita à une rente viagère consentie par son frère et réversible sur Guitte selon la volonté de son mari…
On a dit aussi que le jeune ménage avait passé ses trois premières années à Paris et MANGE avait alors peint ses meilleures toiles, telle le Dôme du Sacré-Cœur de Montmartre…
C’est beaucoup plus tard que les MANGE allèrent faire un court voyage à Paris.
A Paris, où, de temps en temps, José MANGE envoyait de Toulon, quelques toiles… Il s’était, là, fait mieux que des clients, des amis qui admiraient en connaisseurs ce peintre qui ne se fixera jamais dans une méthode, passant de l’hésitation à l’outrance… Œuvres mal exprimées, œuvres de haute valeur, idées géniales ou naïves… Un homme libre…
Or, le 1er février 1933, Maître BOYER qui fut un chaleureux protecteur de MANGE recevait de la revue « L’Art et les Artistes » sous la plume de Madame DAYOT la lettre dont je ne retiens que la fin…
« j’espère que l’exposition de ce bel artiste ne passera pas inaperçue. J’ai pour ce vieil artiste qui méritait mieux, une vive sympathie qui sera agissante… etc. etc. » Mais elle ajoutait… : »L’heure est mauvaise ».
Que fut le résultat de cette exposition ?
Malgré ses 67 ans et sa santé déficiente, MANGE était pourtant dans une période de grand mérite. D’ailleurs jusqu’à la fin de sa vie, il restera en possession de ses facultés créatrices. Il acceptait toutes les vicissitudes de la vie avec une suprême noblesse, comme dans toute sa plénitude la lumière dont il ferait sa chose… « Sans soleil, c’est la mort »… Et la vie s’écoulait cahin-caha…
Guitte jamais ne se plaindra. Elle aimait « La vie d’homme libre » de son cher José qui n’alla jamais au devant de la « quête d’argent » que pouvait lui procurer la vente de ses œuvres dont tant et tant, amassées depuis des années, eussent pu sinon lui procurer la fortune pour le moins l’aisance.
C’est à cette époque qu’il écrivit l’un de ses derniers poèmes :

Pour ma femme

Compagne de ma peine et de mes derniers jours
Si parfois nous avons une certaine allure
Notre destin sera d’être pauvres toujours
Tout l’or que nous avons est dans ta chevelure.

Tout l’or que nous avons brille dans tes cheveux
Compagne de mes jours derniers et de ma peine,
Mais l’abondance et la fortune que je veux
Je la trouve en ton âme ingénue et sereine.

Elle est dans la tendresse ardente de ton cœur.
C’est mon trésor, aussi sans plainte et sans envie
Appuyé sur ton bras, ni vaincu, ni vainqueur
J’irai jusques au bout du chemin de la vie.

1934

Il avait confiance en son étoile plus qu’à son signe du Zodiaque… rappelez-vous « on arrive rarement avec lui à des situations élevées, même avec de grandes aptitudes ».
Et pourtant… il était fort estimé comme en témoigne l’anecdote suivante : C’est à cette époque que José MANGE fut invité à une petite réception amicale chez Madame CARRIERE, l’épouse d’un fabricant de pianos de marque réputée. Elle habitait Fort Balaguier. On connaissait le talent de poète de José MANGE. Il fut prié par les invités de rendre hommage à la maîtresse de maison par un impromptu en vers, ce qui était fort à la mode.
Quarante vers écrits sans la moindre hésitation valurent certainement au poète un succès mérité !
Voici quelques fragments de cet amusant document :
« Dans la tour de Balaguier
Comme perle en un baguier
Habite une châtelaine… » etc. etc.
Et en conclusion :
« Au sommet du vieux palais,
Des toiles et des chevalets,
Se détachent sous un cintre…
Savoureux et bien venu
Je vois s’ébaucher un nu…
Madame CARRIERE est peintre… »

Mes beaux-parents connaissaient très bien cette dame dont se souviennent bien des Seynois âgés.
Mais, lorsque MANGE regardait la vie en face et que la mort lui faisait signe de se préparer à la suivre, il écrivait :

Sonnet

Autrefois, je passais dans la ville
La boutonnière en fleur et la moustache en croc
Sur mes jarrets d’acier solide comme un roc
Semblant un dieu venu dans la foule servile.

Mais les ans ont passé sur ma jeunesse agile
Et sur mon front chenu s’accumulent en bloc
Dans le manteau de soie il s’est fait un accroc
Car la vie est fugace et la beauté fragile.

Sans me plaindre pourtant je subis mon destin
Soutenu bien des fois par des mains fraternelles
Je veux marcher encor de mon pas incertain

Jusqu’à l’heure d’atteindre aux portes éternelles
Et la clarté du ciel brille dans mes prunelle
Si comme Firdouci vous me voyez éteint. (1)
(1) Poème de Victor Hugo : « Autrefois j’ai connu Firdouci dans Mysore… » de la Légende des Siècles XXXVIII.

MANGE était de la race de ceux qui ne désespèrent pas comme BERNANOS qu’il connut et fréquentait à Toulon.
Ils avaient le même cœur humain… BERNANOS fait dire à son curé de campagne : « L’enfer c’est de ne plus aimer ».
Ce fut un grand secours moral pour José MANGE que cette fréquentation qui unissait deux hommes dans une idée commune : croire, sourire, être bon, aimer.
Las… le jour fatal devait arriver qui allait réduire presque à l’inaction la pauvre José ; il donnait alors les dernières touches à son auto-portrait. L’artiste donne de lui une vision intérieure qui suscite le paroxysme de l’émotion.
Et c’est un corps sans âme que les amis de José MANGE conduisirent à sa dernière demeure terrestre, le 7 janvier 1935, au cimetière central – allée Mesquida – où se trouve son caveau de famille.
Il s’en allait là sans soleil et sans gloire…
« noun frount a pas senti li poutoun de la glori
noun noum marcara pas li pajo de l’istori
mai pamens, sièn countènt de moun pichoun prefa ».
L’artiste qui méritait mieux s’était éteint dans un dénuement extrême…
Pourquoi ? Est-ce que « l’homme libre » n’aurait su se séparer d’un mauvais conseiller… le jeu ?
Serait-il à l’origine de tant de lendemains néfastes ?
Près d’un demi-siècle avait passé sur la vie du peintre aux harmonies audacieuses, resté excessif comme au temps de ses vingt ans où il effarouchait ses amis les plus évolués en cette association d’ascètes les Rose –Croix … sans toutefois embrasser leurs convictions.
Quant à l’influence qu’eût sur lui les impressionnistes, ce ne fut que par leur lyrisme de la lumière et de la couleur, mais, comme son individualisme n’acceptait aucune contrainte, il s’en détacha ; et sa propre inspiration dont la Provence fut l’objet, resta la source de son œuvre personnelle où son cœur d’enfant, qui ne sut vieillir, la voyait vivre en lui. Son esprit gai n’eut besoin d’aucune école pour développer sur ses natures mortes les dons de coloristes dont on ne parlera jamais assez, tant ils furent toujours à la recherche d’expressions neuves.
N’empêche que José MANGE fut un modeste et celle-ci figure toute dans le reproche qu’il fit à Léon VERANE en lui écrivant en 1920 … « Tu as forcé la note en disant Toulon a son José MANGE comme Marseille a son MONTICELLI… ».
C’est en 1935 peu après le décès de l’artiste, que Léon VERANE publia la plaquette éditée par « Les Facettes » renfermant un choix des poèmes les plus significatifs de sa vie, précédé du texte d’une conférence faite à la Galerie du Trident, lors de la rétrospective présentée par M. BASSANO (qui, depuis longtemps, avait compris que l’œuvre de José MANGE défierait la mort). Léon VERANE avait demandé à Pierre FONTAN de vérifier les textes provençaux. Mais, ceux-ci n’eurent besoin d’aucune correction importante.
Dans cette plaquette est inséré le portrait de José MANGE qui fît dire à Denis VALVERANE quand il la reçut : « J’ai cru voir un spectre », en constatant ce que les ans et la maladie avaient fait du « gros José » des années parisiennes.
VALVERANE ayant appris qu’une rue de Toulon porterait le nom de son ami écrivît à Madame MANGE pour en savoir l’emplacement et à Pierre FONTAN : « Si des amis de José MANGE font une tombola pour fournir quelqu’argent en faveur de sa veuve, je ferai volontiers cadeau de quelques-unes de mes œuvres ».
A cette époque, Pierre FONTAN était Conservateur du Musée de Toulon. L’acquisition de deux œuvres de l’artiste fut décidée, mais ce n’est qu’en 1938 que fut adopté le projet de l’achat de la reproduction de l’Infante Marie-Thérèse.
Après le décès de José MANGE, les expositions se succédèrent… Mais si l’on vanta le savoir varié des thèmes de l’artiste, aucune louange superflue ne vînt s’ajouter à cette œuvre de lumière qui va beaucoup plus au devant de la réflexion que les clichés lyriques.
Et ce n’est certes pas par l’un de ceux-ci que j’achèverai ce modeste exposé, mais par une émouvante anecdote que je dois à la correspondance de Denis VALVERANE – Pierre FONTANT :
Un jour, José MANGE avait planté son chevalet dans la rue Magnaque où il avait son atelier. S’en approchèrent deux petites filles : « C’est plus joli que ce que l’on voit, Monsieur, ce que vous faîtes » dit l’une d’elles.
Et José MANGE racontant cela à VALVERANE avait conclu : « De toute ma vie, guère de paroles ne me firent autant de plaisir… »

Hélène FONTAN

CANAL 06/06/2008 21:32

José MANGE (1866-1935)

Extrait de Poésies et Peintures XXI Biennale de Peinture 6 juillet au 28 juillet 1985 Le Revest Les Eaux (Var)
Par Paul LANZA


Commémorer en cette année 1985 le cinquantenaire de la mort de José Mange par une exposition de quelques unes de ses œuvres picturales est une pieuse et louable entreprise qui resterait ô combien incomplète si l’on ne rendait pas aussi un légitime hommage au poète…
Mais poète , celui dont son ami, le grand écrivain Georges Bernanos, évoquait avec émotion en 1945 (« Français, si vous saviez … »,éd. Gallimard, 1961) « la grande ombre fière… aux yeux d’enfants toujours éblouis par le frémissement de la lumière et la grâce des choses comme s’il allait essayer de les peindre pour la première fois », …
José Mange, nous pouvons le constater, était un fin lettré. Il avait en effet reçu une solide instruction à Aix en Provence où il fit par ailleurs deux rencontres décisives : celles de Charles Maurras qui fut son condisciple au collège catholique et celle de Paul Cézanne qui lui révéla sa vocation artistique.
Joseph, Julien, Casimir Mange est né le 10 octobre 1866 à Toulon… dans une riche famille bourgeoise originaire d’Hyères.
Vers 1886, il réussit à convaincre son père, avocat au barreau de Toulon, de le laisser « monter » à Paris où il suit notamment les cours de Jean-Paul Laurens et de Benjamin Constant dont il se reconnaîtra l’élève. Il fréquente assidûment le Louvre, copiant de nombreux tableaux de maîtres avec grande virtuosité. Dès 1893, il expose au Salon des Indépendants auquel il participera encore en 1895 et 1896 puis de 1925 à 1932 ; il y vend plusieurs toiles au prince Miloch de Serbie qui sera son premier acheteur . En 1894, il partage avec son ami Louis Denis-Valvérane, peintre et sculpteur, un atelier dans les combles de l’hôtel de Lauzun. Durant toute cette période il peint de magnifiques paysages de Paris qui sont un enchantement de fraîcheur et de sensibilité dans la tradition des Impressionnistes dont il demeurera un grand admirateur et un ardent défenseur.
Provençal intransigeant, royaliste et catholique fervent, il devient vite aussi un félibre actif et voue un culte tout particulier à Frédéric Mistral. …Il est des soirées de « La Plume », hante les cafés où il rencontre Paul Verlaine, Emile Zola, Paul Arène…
Vers 1900 il revient définitivement à Toulon où il installe son atelier, 2 rue du Port-Marchand. Il envoie des toiles à Paris et notamment au Salon d’Automne et à celui des Tuileries. Il reçoit la visite d’amis parisiens et en particulier celle de Paul Signac qu’il accompagne autour de Saint-Tropez. En 1902 il participe à la première exposition de la Société des Amis des Arts de Toulon avec deux huiles (portrait de Mme R. et Puits de Sainte Muse) , deux pastels (Miss et Etude) et une aquarelle (Ruine en Provence). Il sera plus heureux que Paul Cézanne qui dans « Le Salon Toulonnais, essai de description » de Richard Andrieu n’aura pas l’honneur d’une seule ligne pour son « Etude au jas de Bouffan » et sa « Nature morte ». Le critique écrit : « Mange est un impressionniste courageusement sectaire qui recherche le jeu des couleurs et les fixe sans s’arrêter aux longueurs et minutie d’exécution… Les deux peintures ont de l’éclat. Le portrait de Mme R. affiche audacieusement des tons crus, sans transition de l’un à l’autre et sans détonner… » et il ajoutera en 1905 « Cet artiste … a des procédés de peinture tellement spéciaux que ses oeuvres se détachent toujours de leurs voisines. Sa visiteuse constitue un ensemble de notes claires et fraîches d’une harmonie irréprochables qui rappelle le procédé de Degas. Sa marine a quelque rudesse et, malgré ce, ne manque pas de charme, des couleurs simples et sans mélange… »
Cette même année (au début 1906) par la volonté de ses parents qui achètent le studio de photographie d’art Gerby, à l’angle de la rue de Lorgues et de la rue Roche, José Mange devient photographe. Son père meurt en 1907, sa mère en 1915. Le 31 août 1916, il épouse Marguerite Santinacci née le 14 juin 1897 à Le Perreux (Seine), de 31 ans sa cadette. A la fin de 1917 il abandonne la photographie et s’installe aux Quatre-Chemins-des-Routes, au dessus de l’épicerie Mouraille puis il vient habiter au quai du Parti où il a un grand atelier. Mais les lieux sont vendus et courant 1920 il va habiter, 8, Rue du Mûrier et loue pour peindre deux ateliers qu’il conservera jusqu’à la fin de ses jours, l’un place des Orfèvres, l’autre au 25 de la rue Magnaque. Il y recevra artistes et personnalités de passage (Mauclair, René Gimpel, Fels, Charensol, Bassler…). Cécile Sorel, alors comtesse de Ségur, lui achètera plusieurs toiles ; les peintres Orthon Friesz, Abraham Mintchine, Mathieu verdilhan, Chaïm Soutine (on retrouve dans certaines de ses natures mortes un influence de J. Mange) , André Favory, Louis Valtat, Moïse Echevin… lui rendent visite et de plus jeunes aussi qui vénèrent leur brillant aîné, les toulonnais Eugène Baboulene (qui l’invitera dans sa propriété du Revest), Marius Echevin… mais aussi Simon Segal et jacques Vallery-Radot qui lui écrit en août 1931 : « votre œuvre m’a séduit extraordinairement…vos paysages ensoleillés, ruisselants de lumière, impalpables et ces natures mortes pleines de pâte, éclairées d’or et d’ambre…votre grand talent qui révèle une si extrême sensibilité… un amour de formes et des couleurs qu’il est rare de rencontrer à notre époque… Vous, plus jeune que nous tous, par votre joie des couleurs, votre indépendance de métier, votre cri en pleine lumière… Monsieur Bernanos m’avait déjà parlé de vous. Il ne s’était pas trompé sur votre beau talent et comme je me félicite de vous avoir rencontré ! Cela me donne du courage. »

En 1923 (du 15 au 31 mai) José Mange participe avec Chénard-Huché et Louis Lucas à une exposition qu’Alfred Poyet organise à la galerie Saint-Pierre, 10, rue de l’Hôtel-de-Ville à Lyon.
En juin 1924, il va peindre à Rougon (Basses-Alpes) et en mars 1926 à Serres (Hautes-Alpes). Il en ramène des aquarelles et des gouaches pleines de fraîcheur et de légèreté d’après lesquelles il réalisera, en atelier, des peintures à l’huile. En 1927, il expose durant le mois de février chez Fernand Hauser à Paris et vends deux toiles (« Fleurs » et « Paysage ») lors du Salon des indépendants . Du 16 au 24 mars 1928 la salle de l’Apollo, boulevard de Strasbourg à Toulon, l’accueille avec Blancheir, Cardeyron, Echevin, René Meurisse, Latapie, Salvado, Saint-Paul et Favory. C’est durant ces années, semble-t-il, qu’il s’applique, très provisoirement à traiter ses sujets dans le style des estampes japonaises, mais il se tournera vite vers d’autres recherches, s’efforçant sans cesse de s’améliorer. Intransigeant et ombrageux, il vend peu et souvent mal, mais il continue à peindre pour son plaisir et utilise les surfaces les plus diverses (panneaux de bois, plaques métalliques, vielles toiles à matelas, cartons imprimés…) et souvent des couleurs qu’il prépare lui-même. Sa vie devient de plus en plus difficile.
Le début de 1920 le trouve cependant à Blanc-Mesnil (Seine et Oise) puis 10, rue Le Châtelier à Paris. Il aborde alors sa période blanche où cependant dominent des symphonies colorées qui peuvent comme ses réussites les plus authentiques telles que « Le pont des Arts », « Notre-Dame », « Le Dôme du Sacré-Cœur de Montmartre », « Les péniches sur la Seine », « La Bièvre », plusieurs aspects de « L’église de Blanc-Mesnil » et des « Rues de Blanc-Mesnil ».
En 1930, il reçoit le prix annuel du Salon des Amis des Arts que préside son ami Jacques Boyer. En 1931, le peintre d’origine russe, Mintchine, pour lequel il a une grande estime meurt à La Garde (Var). En 1932, José Mange passe les mois de janvier et février à Paris où il réside dans un hôtel de la rue Monge ; du 7 août au 15 septembre il expose à l’hôtel de la Tour à Sanary un portrait de Georges Bernanos. Les actualités cinématographiques filment l’écrivain et le peintre devant le tableau. En 1933, du 16 février au 2 mars, il occupe les cimaises de la galerie A. Barreiro, 30 rue Jean Jaurès à Toulon avec C. Bertrand, P. Deval, P. Dolley, W. Eisenschitz, O. Friesz, A. Marchand, A. Mintchine (rétrospective), M. Savin, L. Sabatier et S. Segal.
En décembre 1934 dans l’atelier appartement où une femme de cœur, Madame Catot-Heurtault, l’a accueilli, 5 quai du Parti, José Mange expose des rues de Corse et des natures mortes (peintes avec des vernis) avec le groupe des sept : Christol, Le Chuiton, Robine, Cator eet Mesdames Heurtault et … Guyte.
Quelques jours plus tard, le 7 janvier 1935, par une nuit d’apocalypse, il y rend son dernier soupir, entouré de sa femme et du peintre Eugène Baboulène, face à la mer comme il l’avait toujours désiré.
Paul LANZA